Séminaire régional en Sierra Leone sur le renforcement de la coopération et de la complémentarité
Les 22 et 23 octobre 2026, un séminaire régional intitulé « Renforcer la coopération et la complémentarité avec la Cour pénale internationale : un partenariat pour lutter contre l’impunité des crimes les plus graves au regard du droit international » s’est tenu à Freetown, en Sierra Leone. Ce séminaire a été coorganisé par la Cour pénale internationale (CPI) et le Gouvernement de la République de Sierra Leone, avec le soutien financier de l’Union européenne.
L’événement a réuni des représentants du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, de la Mauritanie, du Nigeria, du Sénégal, de la Sierra Leone et de la Tunisie, ainsi que des responsables de la Cour pénale internationale et du Fonds au profit des victimes (FPV), des représentants d’organisations internationales et régionales, de la société civile et de la communauté œuvrant dans le domaine de la justice pénale internationale.
Les participants ont échangé leurs expériences et discuté d’approches concrètes pour renforcer les mécanismes de justice pénale internationale aux niveaux national, régional et international. Les échanges ont porté sur l’amélioration de la coopération régionale, la lutte contre l’impunité pour les crimes les plus graves au regard du droit international, et le renforcement du soutien à la CPI, dans un contexte marqué par des défis importants pour la Cour.
« La Sierra Leone demeure un État partie engagé. Nous coopérerons avec la Cour, comme l’exige la loi. Nous renforcerons nos propres juridictions, de sorte que le recours à la Cour devienne moins nécessaire », a déclaré S.E. Alpha Sesay, Procureur général et Ministre de la Justice de la Sierra Leone. « La Cour a continué de mener des enquêtes, de tenir des procès, de rendre des jugements et de faire avancer les réparations. Cette résilience témoigne à la fois du courage de ses responsables et de la pertinence durable de la vision qui sous-tend le Statut de Rome : nul n’est au-dessus de la loi, et la justice pour les crimes les plus graves est indispensable à une paix durable. »
En ouvrant l’événement, la Seconde vice-présidente de la CPI, la juge Reine Adélaïde Sophie Alapini-Gansou, a déclaré : « La lutte contre l’impunité ne repose pas uniquement sur la CPI. Les gouvernements, les juridictions nationales, les procureurs, les organisations régionales — telles que la CEDEAO et l’Union africaine — ainsi que la société civile font tous partie d’un même système. Les échanges qui ont eu lieu à Freetown ont démontré tout ce que l’Afrique de l’Ouest peut accomplir lorsque ces acteurs collaborent et cherchent des moyens d’améliorer le système instauré par le Statut de Rome, dans l’intérêt des victimes de crimes atroces. »
« Le FPV a eu le plaisir d’échanger avec les autorités nationales sur les initiatives régionales visant à renforcer la justice réparatrice en Afrique. Nous avons convenu que la justice ne s’arrête pas à une condamnation. Si les jugements établissent la responsabilité pour des crimes passés, les réparations permettent aux victimes de reconstruire leur vie et donnent un sens concret à l’obligation de rendre des comptes. Pourtant, les réparations sont encore trop souvent négligées », a souligné M. Ibrahim Sorie Yillah, membre du Conseil de direction du Fonds au profit des victimes, lors de l’événement. « Les réparations se concrétisent là où vivent les victimes et dépendent de l’engagement des États, qui portent la responsabilité première de garantir des recours et des réparations effectifs. Il est donc essentiel de disposer de mécanismes nationaux solides. Chaque fois que l’on évoque l’obligation de rendre des comptes, la question des réparations doit figurer à l’ordre du jour, soutenue par une coopération, une volonté politique et des ressources financières adéquates. Ce séminaire contribuera à passer à l’action, car les victimes ne peuvent pas attendre », a-t-il ajouté.
En marge de l’événement, la Vice-présidente de la CPI, la juge Reine Alapini-Gansou, et la juge de la CPI Miatta Maria Samba, ainsi que le Président du Conseil de direction du Fonds au profit des victimes, Andres Parmas, et un membre du Conseil de direction du Fonds, Ibrahim Sorie Yillah, ont été reçus par le Président de la Sierra Leone, S.E. Julius Maada Bio.
Ce séminaire régional s’inscrit dans le cadre d’efforts plus larges visant à faire progresser la coopération avec la CPI et à renforcer le soutien mondial à la Cour. La Cour exprime sa gratitude à l’Union européenne pour son généreux soutien financier à ce séminaire. La Cour tient également à remercier le gouvernement de la République de Sierra Leone pour son partenariat, hospitalité et soutien inestimables dans l’organisation de cet événement.
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