Communiqué de presse: 5 Décembre 2007

ICC - OTP Pour le Procureur de la CPI, « des crimes à grande échelle continuent d’être commis au Darfour en ce moment-même, le Soudan ne respecte pas la résolution 1593 du Conseil de sécurité et ne coopère pas avec la Cour »

ICC-OTP-20071205-271

Communiqué de presse


OTP Pour le Procureur de la CPI, « des crimes à grande échelle continuent d’être commis au Darfour en ce moment-même, le Soudan ne respecte pas la résolution 1593 du Conseil de sécurité et ne coopère pas avec la Cour »

ICC-OTP-20071205-271

 Traduction: عربي

Dans un discours prononcé aujourd’hui à New York devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, Luis Moreno-Ocampo, le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), a déclaré que le Gouvernement du Soudan ne coopérait pas et a demandé au Conseil d’adresser un message ferme et unanime aux autorités soudanaises pour leur demander de respecter la résolution 1593 et d’exécuter les mandats d’arrêt.

« Le Soudan n’a arrêté ni M. Harun, ni M. Kushayb », a indiqué le Procureur. Dans sa déclaration au Conseil, le Procureur rappelait que le Gouvernement du Soudan, en tant qu’État territorial, était légalement tenu d’arrêter Ahmad Harun et Ali Kushayb et de les remettre à la CPI.

Des crimes à grande échelle continuent d’être commis au Darfour en ce moment-même. Tous les renseignements renvoient non pas à des actes isolés, mais bien à une pratique systématique d’attaques menées par des agents soudanais contre des civils, en particulier contre les 2,5 millions de personnes déplacées.

« En 2003 et 2004, nous avons été les témoins, au Darfour, de la première étape du plan criminel orchestré par Ahmad Harun. Des millions de personnes ont été contraintes de quitter leur village pour se réfugier dans des camps. Pour la deuxième étape, qui se déroule aujourd’hui même sous nos yeux, Ahmad Harun exerce son contrôle sur les victimes à l’intérieur des camps, dont il règlemente l’accès à la nourriture, à l’aide humanitaire et à la sécurité. Les attaques contre les civils, en particulier les personnes déplacées, prennent de multiples formes. Les femmes sont violées. Les dirigeants locaux sont pris pour cible dès lors qu'ils se manifestent. Les personnes déplacées sont entourées de forces hostiles, leurs terres et leurs foyers sont occupés par de nouveaux occupants. La logique n’a pas changé : s’en prendre aux civils qui pourraient appuyer les rebelles. » 

Les victimes sont privées de tout espoir pour le présent et de toute perspective d’avenir. Voilà comment des groupes entiers sont détruits sous les yeux de la communauté internationale.

Qualifier cette situation de chaos, de violence sporadique ou de heurts entre tribus n’est qu’une façon de se voiler la face.

« M. Harun a toujours la possibilité d’exercer un contrôle sur les civils dans les camps, a déclaré le Procureur. Cela ne s’arrête pas là. Le 18 novembre, un avis sur le site web officiel du Gouvernement soudanais annonçait la nomination d’Ahmad Harun au groupe responsable du mécanisme national de surveillance de la MINUAD, chargé de superviser le déploiement de la mission. Le Gouvernement du Soudan accorde de nouvelles responsabilités à une personne inculpée par la Cour, qui plus est des responsabilités qui touchent à la sécurité des soldats chargés du maintien de la paix et du personnel humanitaire. »

« M. Harun joue un rôle central dans les crimes commis actuellement au Darfour, mais il n’est pas seul, a indiqué le Procureur. J’enquêterai à propos des personnes qui portent la responsabilité la plus lourde dans les crimes commis en ce moment, des personnes qui lui offrent un soutien actif, de celles qui lui donnent des instructions. Ce sera ma deuxième enquête au Darfour, une nouvelle affaire. »

« M. Harun doit être limogé, arrêté et remis à la Cour, ce qui permettra de briser le système. Aussi longtemps que M. Harun ne sera pas arrêté et remis à la Cour, les crimes dont il est le chef d'orchestre continueront d'entraver l'aide humanitaire et de menacer les soldats chargés du maintien de la paix et le personnel international, a ajouté le Procureur. Aucune solution globale n’existera pour le Darfour tant que M. Harun sera libre de ses mouvements à Khartoum. »

« Nous disposons aujourd’hui d’un nouvel outil, une cour permanente, qui nous offre la possibilité d’utiliser la loi pour empêcher que des atrocités soient commises. » Il s’agit de la seule solution réaliste et pragmatique pour le Darfour.

Le Procureur a également porté à la connaissance du Conseil de sécurité qu’il allait mener une enquête à propos d’attaques commises contre les soldats de la paix de l’Union africaine et des Nations Unies, y compris par les forces rebelles. Ce sera sa troisième enquête au Darfour.

La Cour pénale internationale est une cour permanente et indépendante qui mène des enquêtes et engage des poursuites à l’encontre de personnes accusées des crimes les plus graves ayant une portée internationale - génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre - pour autant que les autorités nationales compétentes n’aient ni la capacité ni la volonté de le faire véritablement. Le Bureau du Procureur mène en ce moment des enquêtes à propos de quatre situations : République démocratique du Congo, Nord de l’Ouganda, Darfour (Soudan) et République centrafricaine. Tous ces pays restent, à des degrés divers, engagés dans des conflits dont les victimes ont un besoin urgent de protection.

À New York :

Mme Florence Olara
Coordonnatrice chargée de l’information pour le Bureau du Procureur 
+31 (0) 6 5029 4476 (portable)
Courrier électronique : [email protected]

 À La Haye :

Mme Nicola Fletcher
Chargée de relation avec les médias pour le Bureau du Procureur
+31 (0)70 515 8071 - portable : +31 (0) 65 089 0473
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