Déclaration: 16 septembre 2026

Déclaration de la Cour pénale internationale suite au décès d’Emma Bonino

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International Criminal Court

C’est avec une grande tristesse que la Cour pénale internationale (CPI) a appris le décès d’Emma Bonino, le 11 septembre 2026. La Cour pénale internationale et la cause de la justice pénale internationale doivent beaucoup à son engagement inlassable en faveur de l’État de droit, condition nécessaire à la coexistence pacifique de tous les peuples.

Toujours en avance sur son temps, qu’elle ait œuvré au sein d’organisations de la société civile ou d’institutions nationales et multilatérales, Emma Bonino a défendu, pendant plus d’un demi-siècle, les droits civils et politiques ainsi que les droits des femmes et des filles à travers le monde, avec le courage de ses convictions. Privilégiant l’action à la rhétorique, elle possédait une capacité rare à rassembler pacifiquement les gens autour de causes universelles, les unissant au-delà des clivages politiques et des frontières, et leur insufflant la volonté d’agir. La justice pénale internationale était l’une de ces causes. Elle a inspiré des générations de penseurs, de militants, d’hommes et de femmes politiques, de diplomates, de juristes et bien d’autres encore et a apporté une contribution inoubliable à la création des tribunaux des Nations Unies pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda, puis à l’établissement de la Cour pénale internationale.

Cet engagement n’a jamais faibli. Lors de la Conférence de Rome de 1998 sur la création d’une Cour pénale internationale, alors qu’elle était Commissaire européenne aux affaires humanitaires, elle a appelé les États à agir, insistant sur le fait que « le moment est venu de briser le cycle de la violence, de mettre fin à l’impunité et de démontrer la détermination de la communauté internationale à affirmer la primauté de l’État de droit ». Sa détermination a joué un rôle décisif dans l’adoption du Statut de Rome, transformant la promesse de rendre des comptes pour le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre en une institution pérenne : la nôtre.

Quinze ans plus tard, en tant que Ministre italienne des Affaires étrangères, elle défendait toujours la même cause, rappelant aux États l’importance de la coopération internationale et affirmant que la création de la Cour et ses principes « constituent, aujourd’hui plus que jamais, une réalisation historique pour la communauté internationale, qui ne doit pas être remise en question ».

L’intelligence et le dévouement d’Emma Bonino nous manqueront. Son énergie et son engagement continueront de résonner dans les années à venir à travers les actions de tous ceux qui considèrent la dignité humaine comme un principe fondateur de la civilisation humaine.


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