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Déclaration :

Déclaration du Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, au sujet de l’escalade de la violence au Nigéria

Je suis extrêmement préoccupée par les exactions à grande échelle qui se poursuivraient dans le nord-est du Nigéria. Mon Bureau continue de recueillir des informations au sujet du massacre d'un grand nombre de civils, de l'utilisation de filles et de garçons pour les faire participer à des hostilités et du déplacement massif de communautés par le groupe armé habituellement appelé Boko Haram. L'attaque menée dernièrement contre la ville de Baga et les villages limitrophes début janvier, ainsi que l'utilisation présumée de femmes et d'enfants pour commettre des attentats suicides à la bombe sur des marchés à Maiduguri et Potiskum, les 11 et 12 janvier, marquent une nouvelle étape inquiétante dans l'escalade épouvantable de la violence. Il est intolérable que des civils, des milliers de femmes, d'enfants et d'hommes, soient pris pour cible.

Les crimes commis par des membres de toutes les parties au conflit armé qui sévit au Nigéria doivent faire l'objet d'enquêtes et de poursuites minutieuses menées en toute impartialité. En tant qu'État partie au Statut de Rome, le Nigéria s'est engagé à garantir que les crimes qui heurtent profondément la conscience humaine ne restent pas impunis, et je tiens à le lui rappeler.

À ce égard, je rappelle également que la CPI a compétence pour connaître des crimes relevant du Statut de Rome commis sur le territoire du Nigéria ou par des ressortissants de ce pays à compter du 1er juillet 2002 et continue de mener un examen préliminaire de la situation sur place. Personne ne doit douter de ma détermination, si besoin était, à poursuivre les principaux responsables de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité.

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Source : Bureau du Procureur