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Déclaration :

Déclaration du Procureur de la Cour pénale internationale relative à l’enlèvement et l’assassinat présumés de M. Meshak Yebei

Situation: République du Kenya

Le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) réitère ses condoléances à la famille de M. Meshak Yebei. Chaque vie perdue est une terrible et profonde tragédie pour la famille laissée dans le deuil. Les auteurs de ce crime odieux doivent être rapidement et résolument traduits en justice. Le Bureau du Procureur réaffirme sa disponibilité pour, s'il y lieu, assister les autorités compétentes de la République du Kenya à enquêter de manière efficace sur les circonstances de la mort de M. Yebei.

Le Bureau du Procureur souhaite s'exprimer sur les spéculations récentes portant sur sa prétendue implication dans la fin tragique de M. Yebei. Le Bureau du Procureur affirme catégoriquement que toute suggestion impliquant le Bureau dans les prétendus enlèvement et assassinat de M. Yebei, est à la fois scandaleuse et absolument fausse. Rien ne saurait être plus éloigné de la vérité.

Afin de dissiper tout doute, l'Accusation souhaite clarifier le statut de M. Yebei dans le cadre du dossier du Procureur contre M. Ruto et M. Sang. Au cours de ses enquêtes, le Bureau du Procureur est entré en contact avec de nombreuses personnes au Kenya, y compris M. Yebei. Toutefois, l'Accusation a finalement décidé de ne pas inclure M. Yebei sur la liste de ses témoins au procès, à la lumière des informations attestant de la profonde implication de M. Yebei dans le dispositif mis en place pour corrompre des témoins de l'Accusation dans l'affaire contre M. Ruto et M. Sang.

La situation des témoins à charge dans cette affaire est extrêmement précaire. Le Bureau du Procureur a identifié un réseau d'individus qui ont travaillé de concert pour saboter le dossier de l'Accusation contre M. Ruto et M. Sang, faisant usage de pots-de-vin et/ou de menaces pour dissuader des individus de témoigner dans cette affaire ou inciter des témoins à charge à se rétracter.

Dans ce contexte, la Chambre préliminaire II de la CPI a émis, le 2 août 2013, un mandat d'arrêt à l'encontre de M. Walter Osapiri Barasa pour des faits de subornation de témoins de la CPI, contraires à l'article 70(1)(c) du Statut de Rome. La remise de M. Barasa à la CPI demeure en suspens.

Le Bureau du Procureur continue à surveiller et à enquêter sur d'autres incidents de subornation de témoins. Les enquêtes et poursuites devant la Cour pénale internationale reposent sur la volonté des témoins de se présenter et témoigner dans la salle d'audience. Le Bureau du Procureur continuera à tout mettre en œuvre pour garantir que les témoins puissent offrir à la Cour les éléments de preuve en leur possession sans crainte.

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Source : Bureau du Procureur